Dans le contexte actuel de la COVID-19, il est normal que vous vous sentiez inquiet(e) et que vous ne sachiez pas comment gérer le suivi de votre DMLA et vos déplacements à l’hôpital ou au cabinet de votre médecin, notamment en cas d’injections planifiées. Pourtant, il est très important de ne pas négliger la surveillance et le traitement de votre maladie. Cet article est là pour vous aider à faire le point et vous permettre de mieux appréhender cette situation particulière.

NE NEGLIGEZ PAS LE SUIVI DE VOTRE DMLA !

VOUS APPREHENDEZ VOS DEPLACEMENTS DANS LE CONTEXTE ACTUEL …

Ces temps si particuliers sont propices à un climat anxiogène et d’autant plus si vous êtes « vulnérable », c’est-à-dire si vous avez 65 ans ou plus, si vous avez une maladie chronique type diabète, hypertension etc., si vous présentez une obésité (indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30), si vous avez une immunodépression ou si vous présentez un syndrome drépanocytaire majeur ou ayant un antécédent de splénectomie.

Dans ce cas, si vous contractez la COVID-19, vous êtes en effet davantage susceptible de développer une forme grave de la maladie.

 

Vous devez alors être particulièrement vigilant(e) et toujours porter un masque à l’extérieur, respecter une distance d’au moins un mètre avec chaque personne autour de vous, continuer d’appliquer les fameux « gestes barrières » (se laver les mains très régulièrement, saluer sans se serrer la main, ne pas se prendre dans les bras, ne pas s’embrasser) et veiller à limiter vos déplacements au strict nécessaire.

Mais que signifie exactement « limiter ses déplacements au strict nécessaire » ? Si l'on se réfère au message délivré par la HAS, il convient de se déplacer seulement en cas d’urgence médicale. Vous vous interrogez ainsi sur le caractère « urgent » ou « indispensable » de votre suivi et de vos traitements liés à votre DMLA… d’autant que vous craignez de vous rendre à vos rendez-vous et risquer une contamination...

 

… MAIS LE MAINTIEN DU TRAITEMENT DE LA DMLA EST PRIMORDIAL POUR EVITER UNE DEGRADATION DE LA VISION …

Peut-être ne le savez-vous pas mais le traitement de la DMLA - en l’occurrence les injections intravitréennes - constitue une situation d’urgence médicale.

En effet, la HAS l’a classé comme une pathologie pouvant évoluer, en l’absence de prise en charge rapide, vers une baisse sévère de la vision.

Ainsi, vos injections intravitréennes pour le traitement de votre DMLA sont des situations qui ne doivent pas être reportées et qu’il est important de réaliser avec un intervalle fixe, déterminé par votre ophtalmologiste.

 

… ET LE MANQUE DE SUIVI PEUT ENTRAINER UNE BAISSE DE LA VISION PARFOIS DEFINITIVE

Selon un rapport publié par Epi-phare (structure d’expertise publique en pharmaco-épidémiologie des produits de santé et sécurité sanitaire) le 21 avril 2020, beaucoup de personnes atteintes comme vous de DMLA ne se sont pas rendues à leur consultation durant les 5 premières semaines de confinement et seules 40 % des injections intravitréennes prévues ont été assurées.

Il est donc indispensable que vous mainteniez vos rendez-vous afin de ne pas aggraver votre DMLA. Si vous avez le moindre doute, n’hésitez pas à contacter votre ophtalmologiste ou le centre ophtalmologiste/l’hôpital dans lequel vous êtes suivis. Dans certains cas, une téléconsultation pourra vous être proposée.

 

SOYEZ RASSURE(E) : VOUS SEREZ ACCUEILLI(E) DANS DES CONDITIONS ADAPTEES

Soyez-en assuré(e) : les structures de santé ont mis en place les mesures de sécurité et d'hygiène nécessaires pour vous protéger du risque de contamination lors de votre venue à l’hôpital ou au cabinet médical pour une consultation, un traitement ou une intervention.

Des filières de soins se sont organisées et les mesures de prévention s’appliquent à tous.

Des procédures strictes de nettoyage et de décontamination des équipements doivent être respectées. Les espaces d’accueil, les secrétariats, les salles de consultation sont soumis à ces nouvelles directives pour assurer votre sécurité. Enfin, les salles d’attente font également l’objet de mesures de protection (espacement des sièges d’au moins un mètre, désinfection des sièges et poignées de porte …) pour éviter toute contamination.

Vous pouvez vous rendre sereinement à vos consultations et préserver la santé de vos yeux.

 

 

LES REPONSES A VOS QUESTIONS

 

  • « J’ai une IVT prévue après-demain : j’hésite à y aller : que faire ? » Il est important que vous vous rendiez à ce rendez-vous car votre ophtalmologiste, qui connait le mieux votre santé oculaire, a estimé que cet acte était nécessaire pour préserver votre vision. Pour y aller, évitez les transports en commun dans la mesure du possible et, le cas échéant, portez un masque (obligatoire pour tous dans les transports en commun). Lors de vos déplacements, assurez-vous de toujours respecter les mesures barrières comme la distanciation sociale (minimum 1 mètre entre vous et les autres). Rassurez-vous, à l’hôpital ou au cabinet médical, toutes les précautions nécessaires ont été prises pour vous protéger du risque de contamination lors d’une consultation, d’un traitement ou d’une intervention. Si vous avez besoin d’informations complémentaires ou en cas de doute, n’hésitez pas à contacter votre centre. 

 

  • « J’ai une DMLA mais aussi un glaucome, qu’est-ce que je fais ? » Les injections intravitréennes pour le traitement de la DMLA font partie des actes urgents. Si vous avez en plus un glaucome, votre ophtalmologiste est à même de déterminer s'il nécessite également une intervention urgente. Quoi qu’il en soit, vous présentez deux pathologies oculaires nécessitant un suivi ophtalmologique régulier. Pour cela, contactez rapidement votre centre de prise en charge pour plus d‘informations et pour connaitre la conduite à tenir.

 

  • « Je prends d’autres traitements en plus de mes injections intravitréennes : comment savoir si je peux continuer à les prendre pendant l’épidémie de COVID-19 ? » Les injections intravitréennes n'ont aucun lien démontré dans l'évolution d'une infection par la COVID-19. Concernant vos autres traitements, votre médecin est seul juge du bien-fondé des médicaments qui vous ont été prescrits. Quoi qu'il en soit, n'interrompez pas un traitement en cours sans avis médical.